Introduction
L’étude avait
pour objectifs de comprendre comment les pauvres épargnent en Afrique de
l’Ouest et à
partir de l’analyse des services et produits
d’épargne offerts aux populations
concernées, de
voir comment les institutions de microfinance mais aussi les systèmes
du
secteur
informel, répondent à cette question.
Ce travail
s’inscrit dans la dynamique engagé par le PNUD et le Département pour
le
Développement
International (DfID) d’œuvrer ensemble à la promotion des services
d’épargne pour
les pauvres en Afrique par l’intermédiaire d’un
projet dénommé MicroSave
–
Africa.
Afin d’avoir des
éléments de comparaison sur les stratégies de mobilisation de la
micro-
épargne dans les
pays d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, SUM
(Special Unit for Microfinance)
a décidé de
conduire les mêmes études de base en Afrique de
l’Est à travers MSA / East
Africa et en
Afrique de l’Ouest à travers MSA / West
Africa.
Cette étude, qui
s’est déroulée du 7 février au 10 mars 1999, devait permettre de
réaliser
une étude
comparative sur les pratiques d’épargne en Afrique de l’Ouest. A cet effet, 4
pays de la zone
UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) ont été
retenus
(Bénin, Burkina
Faso, Mali et Togo), un pays anglophone (Ghana) et un pays en dehors
de
la zone franc
(Guinée).
Les
enseignements du secteur informel
Contrairement
aux idées reçues, le secteur autonome de l'Afrique de l'ouest fait preuve
d'un très grand
dynamisme en matière de mobilisation de l'épargne. Celle-ci ne sert
pas
seulement à des
opérations familiales ou sociales mais satisfait également des
besoins
liés à des
activités économiques.
La finance
autonome est un excellent révélateur d'un grand besoin d'épargne,
de
l'imbrication de
celle-ci avec d'autres fonctions économiques (investissement,
crédit,
assurance) et
sociales (confiance, convivialité, proximité,...) et des modalités
spécifiques
de sa
mobilisation. Son adaptation et sa diversité permettent d'atteindre une large
gamme
de public et de
répondre à des motivations multiples. Malgré sa réussite le secteur
autonome a
cependant des moyens limités et souvent des coûts et des risques
élevés.
Ceci rend
d'autant plus nécessaire le développement d'un secteur intermédiaire,
qui
s'adresse, pour
l'essentiel au même public, mais qui vient compléter et amplifier
les
services
financiers demandés, en principe à moindre coût et à moindre
risque.