Distr.: GENERALE CEA-AN/TNG/Ad-Hoc/Genre/3 Avril 2005 Original: FRANçAIS

NATIONS UNIES
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En vue de la tenue du Comité inter-gouvernemental d’experts (du 13 au 15 avril 2005), le Bureau de la CEA pour l’Afrique du nord
a organisé les 11 et 12 avril 2005 un Atelier d’Experts sur le thème «
Femmes créatrices de richesses et d’emplois ».
Au cours de ces assises, une vingtaine d’exposés a
été présenté par des experts venant des 7 pays de la sous région d’Afrique du Nord sur les 4
sujets différents suivants :
§ Les savoirs traditionnels des femmes
§ Les services pour un environnement propice à la
participation économique des femmes
§ Les nouveaux secteurs et nouvelles opportunités :
Les technologies de l’information et de la communication et
§ Les systèmes de financement durables
Il s’agissait, compte tenu du contexte de la sous
région, de trouver sur la base des expériences novatrices, les approches et les
stratégies qui permettent de promouvoir et de renforcer le rôle des femmes en
tant que créatrices de richesses et d’emplois.
Les experts ont reconnu que :
1. Les
femmes nord-africaines sont détentrices d’un « capital culturel »,
souvent unique. Leurs produits et
leurs services traditionnels représentent un formidable potentiel économique
pouvant assurer le développement durable. En effet, s’il est bien exploité, ce
« capital culturel » permet de lutter contre la pauvreté, de fixer
les populations rurales, de générer des emplois, de diversifier l'offre agroalimentaire et agro - forestière,
de mettre en valeur le patrimoine culturel, d'utiliser des ressources locales
et de préserver l’environnement. Il
constitue le principal actif de millions de femmes pauvres.
2.
La particularité du travail des
femmes découle du fait qu’elles doivent concilier leurs responsabilités
familiales et le travail. Dans un contexte caractérisé par la rigidité des rôles sociaux et la faiblesse
des services d’appui, ce facteur devient l’un des principaux déterminants de la
position qu’occupent les femmes dans l’économie.
3.
Les activités où s’investissent
les femmes entrepreneurs se caractérisent généralement par un haut degré de
concentration, limitant ainsi leurs revenus et leurs perspectives de
croissance. Les technologies de l’information et de la communication
représentent une nouvelle opportunité pour la diversification et la croissance
des entreprises des femmes.
4. L’accès
au financement constitue l’une des principales contraintes auxquelles font face
les femmes entrepreneurs. Elles ont de
plus en plus accès au micro-crédit mais les capacités des institutions
spécialisées restent limitées et ne sont pas toujours adaptées aux besoins des
femmes. Celles-ci aspirent à accéder d’autres formes de crédits, comme l’a
souligné la Conférence de Monterrey.
5. Les
femmes entrepreneurs se trouvent encore en marge de l’économie et dans des
secteurs d’activité vulnérables, tel que le textile et l’agroalimentaire,
souvent au sein de micro-entreprises du secteur informel.
Au terme de deux journées très riches en échanges de
points de vue et d’expériences, les recommandations ci-dessous ont été
faites pour promouvoir et de renforcer le rôle des femmes en tant que
créatrices de richesses et d’emplois:
1.
Continuer à
promouvoir et à améliorer la qualité de l’enseignement en garantissant
l’égalité des chances dans la formation de base et la formation professionnelle:
§
Etablir des
politiques de parité hommes/femmes dans l’accès à la formation
professionnelle et diversifier les disciplines offertes aux femmes;
§
Inciter les jeunes
filles à s’investir dans les filières scientifiques et
technologiques et mettre en place des mécanismes de suivi et d’évaluation.
2.
Insérer l’approche
genre au cœur des politiques et des programmes de développement nationaux et
sectoriels et impliquer les femmes à tous les niveaux
des instances de prise de décision :
§
Effectuer des études
de recherche-action sur la situation de la femme dans chaque secteur et sous
secteur économique ; toutes les données statistiques doivent être
désagrégées par sexe;
§
Faire des études
d’impact (qualitatives, quantitatives) des politiques, des programmes et des
projets économiques sur les femmes, notamment à travers la mise en place de
mécanismes systématiques d’évaluation au niveau des Ministères et autres
institutions concernées;
§
Elaborer des
stratégies, des programmes et des budgets pour la promotion de l’entreprenariat
féminin, destinés à faciliter et à appuyer la transition du statut d’activités
génératrices de revenus au statut de petite et moyenne entreprise ; Ces
stratégies devront être globales, intégrées, avec des objectifs précis
par secteur et sous secteur, limitées dans le temps et accompagnées de
mécanismes de suivi et d’évaluation;
§
Simplifier et
décentraliser les procédures administratives de création des entreprises,
notamment, des coopératives et autres groupements productifs;
§
Accroître la participation
des femmes entrepreneurs dans les organisations patronales et dans leurs
instances décisionnelles;
§
Promouvoir la femme
et améliorer son image dans les media en diffusant des informations sur les
projets, programmes et profils de femmes entrepreneurs et en incitant les
journalistes et professionnels des médias à
intégrer l’approche genre dans leurs productions médiatiques.
§
Créer des centres d’études et de documentation sur les savoir-faire
traditionnels, notamment en établissant des partenariats avec les Universités;
§
Valoriser les métiers traditionnels en les inscrivant dans la modernité
à travers la recherche, le développement de produits, l’adoption de normes de
qualité, la création de labels et la commercialisation;
§
Favoriser la formation dans les métiers traditionnels à travers des
programmes de formation continue destinés aux femmes.
§
Sensibiliser les femmes sur les opportunités offertes par les nouveaux
créneaux tels que les télé- services ou le télé-travail (e-commerce,
télé-opération, conception de logiciels,
télé-centres, …);
§
Développer l’utilisation de l’Internet pour accroître l’accès des
femmes à l’information, la formation, et leur faciliter la commercialisation de
leurs produits;
§
Inciter les filles à se spécialiser dans le domaine des TIC et mettre
en place des programmes de formation – reconversion - insertion aux métiers de
l’informatique;
§
Intégrer les besoins des femmes entrepreneurs dans les stratégies
nationales et plans de développement des TIC en matière de formation,
d’équipements et de contenus;
§
Faire bénéficier les femmes du pacte de solidarité numérique, en
particulier dans le cadre de la mise en
œuvre du plan d’action du SMSI, afin qu’elles puissent participer, en parfaite
parité avec les hommes, à la société de l'information.
§
Sensibiliser les
femmes et leur faire prendre conscience de leurs capacités et des possibilités
qui s’offrent à elles pour participer au développement économique de leur pays
en créant des richesses et des emplois;
§
Renforcer les
capacités des femmes entrepreneurs, en particulier celles des micro- et petites
entreprises, à travers leur formation à l’utilisation de l’informatique, à
la comptabilité, au marketing, à la
législation et à la gestion des entreprises;
§
Donner un plus grand
accès des femmes aux crédits : Développer le micro- crédit, l’intégrer
dans le système financier et créer, le cas échéant, des guichets spéciaux pour
les femmes ; Diversifier les services financiers offerts par les institutions
de micro – crédit (prêt à l’entreprise, au logement, à l’épargne, à
l’assurance,…) ; Favoriser la mise
en place de cadres juridiques propices au développement de services financiers
de proximité ; Coupler les services de micro-crédits avec d’autres services non
financiers liés à l’entreprise, tels que l’alphabétisation, la formation,
l’équipement technique, l’identification de secteurs novateurs…);
§
Appuyer les femmes
dans la commercialisation de leurs produits à travers l’utilisation des réseaux
existants de commercialisation et de distribution, leur accès aux places
de marchés (salons, forums nationaux et internationaux); leur créer, le
cas échéant, des bureaux de facilitation du commerce spécialisés dans le marketing et
l’import/export;
§
Créer des services
intégrés de proximité et d’accompagnement à l’attention des femmes, en
particulier celles des milieux rural et péri urbain, à travers la mise en
place de réseaux d’encadrement (en matière administrative, fiscale,
technologique, commerciale, etc.) et des
structures sociales d’accueil d’enfants en bas âge (garderie, crèches,
…);
§
Promouvoir des
partenariats entre les productrices et le secteur privé en vue de créer des
joint-ventures et des opportunités d’investissement et de croissance;