Ainsi, à
La direction générale des Bourses, au lieu d'octroyer celles-ci aux plus
méritants, préfèrent ceux qui sont sponsorisés ou les fils des hautes
personnalités voire même en tenant compte des clivages ethniques ou de
l'appartenance régionale des candidats; c'est ainsi que certains bousiers
centrafricains à l'étranger font piètre figure, ternissant par le fait même
l'image de
On a vu le cas cette année, certains élèves choisis sur
des bases non objectives sont débarqués dans des pays africains (Mali par
exemple) où on leur demande en partant d'aller choisir leur filière là-bas sur
place.
La délivrance des passeports connaît les mêmes difficultés ; les
demandeurs qui veulent bien être parmi les 25 élus de mardi ou mercredi doivent
graisser les pattes aux agents postés à la guérite du camp de Roux pour qu'ils
leur réservent une bonne place, autrement dit, quelle que soit l'heure de leur
arrivée, ils ne pourront pas occuper un bon rang et donc ne seront pas reçus.
D'ailleurs, le traitement des dossiers de ceux qui ont franchi cette première
étape est fonction des relations ou du poids du portefeuille.
Les agents chargés de régler la circulation ou ceux qui
ont pour mission de contrôler les pièces afférentes des véhicules sont aveugles
devant l'essentiel, c'est- à- dire leur raison d'être à ce poste mais ils sont
très regardants quant aux espèces sonnantes et trébuchantes des routiers. Ils
peuvent par exemple laisser passer un chauffeur coupable d'infraction à
condition qu'il mette la main à la poche. Dans le même ordre d'idée les
nombreuses barrières érigées sur les axes menant vers les provinces permettent
aux différents hommes en tenue (militaires gendarmes, policiers, agents des
eaux et forêts..) de racketter, non seulement les conducteurs des véhicules,
mais également les passagers, surtout les musulmans.
Dans les hôpitaux, les secrétaires qui introduisent les
patients dans les cabinets des médecins ne tiennent pas toujours compte de
l'ordre d'arrivée des malades. Ceux qui sont capables de glisser quelques
pièces ou billets de banque à celles-ci sont vite reçus.
Les détenteurs de titre (BC,OP...)
qui veulent se faire payer au trésor ou dans une agence spéciale doivent
proposer quelque chose au caissier. Plus élevé est le montant de cette
proposition plus vite ils sont servis.
A
De manière générale, dans tous les départements
ministériels, il faut qu'un fonctionnaire suive son dossier, dépose un caillou
dessus en d'autres termes il lui faut débrousser de l'argent pour être sur que
ce dossiers sera vite et bien traité ; si non il est classé dans la
paperasse pendant des mois, voire des années ou porté disparu. Il arrive qu'on
demande au fonctionnaire de fournir une rame de papier pour se faire
confectionner un arrêté de 2 ou 3 pages ! Est-ce qu'il revient aux usagers
de doter les bureaux en fournitures ?
Ces quelques exemples montrent le dysfonctionnement de l'administration
publique centrafricaine. Tout s'obtient grâce à l'argent ou aux relations. Les
pauvres sont donc disqualifiés.
Pour limiter cet esprit mercantile, un sursaut s'avère
nécessaire à tous les niveaux. L'exemple venant d'en haut, les pouvoirs publics
devraient adopter un comportement objectif rationnel ; il est souhaitable
que les nominations à des postes de responsabilité se fassent sur les seuls critères
de compétence et de probité intellectuelle et non sur la base de l'appartenance
politique ou régionale. Les ministres et autres, directeurs généraux devraient
donner et veiller à ce qu'il soit respecté à travers des contrôles. Chaque
responsable à son niveau devrait appliquer et faire appliquer cette directrice.
Naturellement, les cadres et agents coupables de ces
comportements ne devraient plus vendre leurs prestations qui sont mensuellement
rémunérées. Mais au cas où ils persisteraient dans cette voie, les sanctions
devraient tomber pour les dissuader.
Plutôt que de se taire face à ces mauvaises pratiques, les
usagers et autres bénéficiaires des ces services devraient les dénoncer de vive
voix, dans les journaux, à la radio afin de décourager ceux qui s'y adonnent.
L'antenne de la lutte contre la corruption en Afrique Centrale (OLCAC) en RCA
qui vient d'être mise en place a du pain sur la planche, elle devra passer des
paroles aux actes pour moraliser l'Administration Centrafricaine pourrie et en déphasage
avec la mondialisation. Une administration gangrenée par la lourdeur, le
laxisme, l'incompétence, le clientélisme, le népotisme, la corruption...
Vendredi 20 Octobre 2006
Maurice SAYO
Source :
http://www.leconfident.net