LES INTELLECTUELS CENTRAFRICAINS FACE
AU DEFI DU DEVELOPPEMENT
Depuis l’affaire
Dreyfus, le clerc français à tort ou à raison, est apparu comme l’archétype de
l’intellectuel engagé dans les combats de son siècle et au-delà, comme le
modèle universel de l’intellectuel.
Persuadé de
l’innocence du capitaine, l’auteur de germinal lança le 13 janvier 1898,
sa “ lettre au Président de
Le
Directeur du quotidien Georges CLEMENCEAU trouva un titre explosif : “ J’accuse
”. C’est ainsi que la postérité retiendra l’acte fondateur qui propulsa les
intellectuels, écrivains, penseurs, artistes, journalistes, universitaires au cœur
du débat et, plus sûrement, de la mêlée politique.
Le geste
isolé de ZOLA, se mua immédiatement en mouvement collectif. Les intellectuels
exaltaient l’individualisme des droits de l’homme, le civisme de vérité, de
justice et de raison. Ils descendaient dans l’arène, s’exprimaient au nom de la
conscience commune et posaient, pour la première fois de façon aussi nette, la
question du devoir d’engagement collectif des intellectuels dans les affaires
de la cité.
Le courage,
la clairvoyance et l’honnêteté dont ont fait preuve les intellectuels français
dans l’affaire Dreyfus, m’ont amené à dire que : Dans un pays comme
Contrairement
à ce qui est pensé et cru par de nombreux centrafricains, le mot intellectuel
ne doit pas être réduit à la simple obtention de diplômes, fussent-ils
universitaires. Au-delà des diplômes, l’intellectuel est celui qui par son
discours critique, doit pousser à des changements profonds dans la société. Il
doit montrer et dénoncer les vices de celle-ci et, ensuite essayer de proposer
des solutions adéquates.
Son rôle
est avant tout de favoriser une prise de conscience au sein de la population,
il doit enlever en lui, toute volonté de maintenir ses concitoyens dans l’ignorance
afin de les exploiter et entretenir un culte sans honneur de personnalité.
Après leurs
formations dans les universités ou grandes écoles occidentales, la plupart de
nos intellectuels ont malheureusement retenu que les grands principes du maître
et sont devenus des serviteurs zélés au service des anciennes métropoles,
considérées de nos jours comme des partenaires privilégiés en matière
économique, souvent au détriment de notre pays.
Finalement,
à force de chercher à comprendre les rouages de l’administration, ils finissent
par épouser les idées et méthodes des gouvernants et par conséquent, devenir
les complices du système jadis vilipendé et détracté.
En regardant de près ce qu’est l’occident de nos jours que
constatons-nous ?
De même,
les intellectuels centrafricains doivent éliminer en eux la peur de la mort et
cultiver un stoïcisme qui doit leur permettre de militer en faveur de la
démocratie, à l’instar de mon frère Crépin MBOLI GOUMBA, que je peux témoigner
de la permanence des convictions, pour avoir parcouru ensemble avec lui,
une bonne distance sur le chemin de la vie.
Seule la
convergence des efforts et l’action unanime de ceux de l’extérieur avec ceux de
l’intérieur, pourront faire avancer le pays sur la voie de la démocratie, du
progrès économique et de la justice sociale.
Il appartient donc aux intellectuels de répondre à ces questions et de relever le défi de notre soit disant incapacité politique et économique chronique à gérer notre pays.
Fred Edgard GASSIA
E-mail: fegasfr@yahoo.fr
(Wed, 25 May 2005 21:13:39 +0200 (CEST))
Actualité Centrafrique de sangonet